FRAPPES MILITAIRES COORDONNEES EN SYRIE : QU’ON SOIT POUR OU CONTRE

Lorsqu’on examine les déclarations faites avant, pendant et après le « one-time shot » (coup unique) par les différents chefs d’Etat qui ont pris la décision de mener des frappes militaires ciblées sur des sites identifiés comme étant de potentiels lieux de production ou stockage d’armes chimiques en Syrie, et qu’on regarde le résultat, on peut parler d’une réussite.
Car il aura tout même fallu attendre 7 ans voire plus pour assister à une prise de conscience des dangers que font peser la détention et l’utilisation d’armes chimiques par certains dictateurs qui à l’instar de Bachar El Assad, demeurent quoi qu’il en soit encore à ce jour impunis. Pour que çà bouge vraiment, il aura fallu attendre que de dramatiques massacres d’hommes femmes et enfants se reproduisent sous nos yeux.
L’opération à haut risque qui a été menée par la coalition n’a quoi qu’il en soit vraisemblablement pas pu être envisagée ni conduite sans une étroite collaboration entre les parties prenantes : Etats-Unis, France, Grande Bretagne, mais aussi avec Russie, la Syrie ayant très vraisemblablement été également informée de l’immente intervention militaire.
En se parant pour la circonstance de leurs costumes de chefs de guerre, les défenseurs du droit international interdisant l’utilisation d’armes chimiques, à savoir Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May étaient bien conscients de la nécessité d’agir en évitant toute erreur susceptible de déclencher une guerre mondiale.
Aucune victime des frappes aériennes qui se sont déroulées dans la nuit de vendredi à samedi sur ces sites syriens n’étant à déclarer, on peut se dire que l’opération a été particulièrement bien gérée. Toutefois, on est droit de s’interroger sur le fait qu’ils aient été vidés de leurs occupants, rien ne permettant d’affirmer que les armes chimiques n’ont pas été elles aussi préalablement déplacées ailleurs. Il faudra donc apporter la preuve de la réelle destruction de ces dernières par la visite d’experts dument mandatés par le Conseil de sécurité. Au risque sans cela de devoir constater un jour bien que la guerre en Syrie touche à sa fin, que la menace de conflits armés faisant appel à des armes monstrueuses persiste dans ce pays mais également dans bien d’autres au Moyen-Orient.
En dépit des cris d’orfraie poussés par quelques hommes politiques, notamment en France s’agissant de l’importance de la décision prise par le chef de l’Etat d’entrainer le pays dans une action militaire ponctuelle en Syrie, la vigilance reste de mise. Il ne s’agit que d’un petit premier pas vers le désarmement qui en marge des armes chimiques prohibées comporte aussi un lourd volet nucléaire qui nécessitera bien d’autres discussions au plus haut niveau. Suivez mon regard !

Voilà ce que AWI attendait!
“Treize millions de Syriens, dont six millions d’enfants, doivent recevoir une aide urgente et vitale, plus de la moitié de la population syrienne a dû quitter son foyer”, a souligné le chef du gouvernement lors d’un discours devant l’Assemblée nationale.
Dans la foulée des frappes inédites occidentales contre l’arsenal chimique syrien dans la nuit de vendredi à samedi, le chef de l’Etat français a affiché sa volonté de raviver un processus diplomatique et humanitaire grippé depuis sept ans.

Après avoir multiplié les entretiens téléphoniques ces dernières 48 heures avec ses homologues, Emmanuel Macron devait recevoir ce lundi à 18h30 des représentants des ONG syriennes à l’Elysée.

Emmanuel Macron va annoncer une initiative qui passe par une montée en puissance des financements français et européens et l’élaboration d’un plan d’ensemble dans lequel s’inscriront l’ensemble des projets en coordination avec l’Onu, le HRC le CICR et les ONG.

DERNIERE MINUTE

Une dépêche de l’agence Reuters précise que la France a exhorté mardi la Syrie et la Russie à accorder à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) un “accès complet, immédiat et sans entrave” pour son enquête sur l’attaque chimique présumée du 7 avril à Douma.

Toutefois, la porte-parole du Quai d’Orsay souligne “A ce jour, la Russie et la Syrie refusent toujours aux enquêteurs l’accès au site de l’attaque alors que ceux-ci sont arrivés en Syrie le 14 avril dernier. Il est très probable que des preuves et des éléments essentiels disparaissent de ce site, par ailleurs entièrement contrôlé par les armées russes et syriennes”.

Il est effectivement essentiel que la Syrie donne enfin un accès complet, immédiat et sans entrave à toutes les demandes de l’OIAC, qu’il s’agisse de sites à visiter, de personnes à interviewer ou de documents à consulter.

Des experts de l’OIAC se rendront mercredi à Douma, a assuré lundi le ministère russe de la Défense, dans le sillage d’une déclaration de la délégation britannique déplorant que Russie et Syrie n’aient pas permis la venue des enquêteurs dans la Ghouta orientale.

“La mission n’a pas pour mandat d’identifier les responsables de cette attaque : seul le mécanisme d’enquête conjoint des Nations unies et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (JIM) le pouvait, mais son mandat n’a pas été renouvelé en raison de l’opposition de la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies”, note en outre la diplomatie française, qui oeuvre au Conseil de sécurité au rétablissement d’un tel mécanisme.

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