LE COMMERCE DES ARMES AU BANC DES ACCUSES

C’est un euphémisme de dire que le commerce des armes est destructeur de paix.  Aussi faut-il une nouvelle fois dénoncer l’immense hypocrisie et responsabilité des pays fournisseurs qui, sous des airs de ne pas y toucher, alimentent à travers ce juteux lobbying les massacres de civils dans de nombreuses régions du monde. Et ce qui est vrai en Syrie l’est aussi au Yémen, pays le plus pauvre de la planète. La Russie mais aussi les occidentaux à l’instar des Etats-Unis et de la France notamment sont pour beaucoup dans la catastrophe humanitaire qui frappe le Yémen, depuis trois ans.
La dernière chronique intitulée :  » EM et MBS cherchent à « saouder » les relations Paris Ryad » invitait d’ailleurs à ne pas se voiler la face concernant les enjeux commerciaux entre la France et l’Arabie saoudite. Tout en reconnaissant les améliorations notables dont semble faire preuve le prince héritier à l’intérieur de son royaume, la chronique rappelle d’ailleurs que les actions militaires menées à l’aveugle chez son voisin s’expliquent largement en raison de contrats d’armement qui pèsent lourd, très lourd, trop lourd.
François Burgat, directeur de recherche à l’institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman ( IREMAM) auteur d’un article intitulé : « Yemen : les ressorts d’un conflit » précise que la toute première étape visant le processus de désescalade consisterait à ce que la coalition reconnaisse son incapacité à imposer une solution militaire.
Il souligne également qu’en dépit de la tragédie qui se poursuit au-delà de toute logique et de toute limite, à laquelle s’ajoutent les ravages d’une épidémie de choléra, les famines liées au blocus, les combats au sol, des attaques suicides, les frappes aériennes incessantes sur les infrastructures civiles et sanitaires, la coalition ne veut pas accepter de tirer les conclusions de son échec militaire. Or en continuant à fournir des armes à l’Arabie saoudite notamment, les pays occidentaux endossent une lourde responsabilité.
Pourtant, tous les pays exportateurs d’armes ( Allemagne, Espagne, États-Unis, France,Italie, Monténégro, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie ) signataires du Traité sur le commerce des armes TCA s’étaient engagés à «réduire la souffrance humaine» au moyen de nouvelles règles mondiales interdisant les transferts d’armes qui serviraient à commettre des crimes de guerre ou risqueraient de porter des atteintes graves au droit international. Qu’il s’agisse de drones, de bombes, de torpilles, de roquettes et de missiles – force est de constater que ce genre d’armes demeurent utilisées par l’Arabie saoudite et ses alliés, ce qui illustre des violations flagrantes des droits humains et des crimes de guerre présumés lors d’attaques aériennes et au sol au Yémen.
Voilà pourquoi si comme annoncé des contrats devraient être prochainement signés entre la France et l’Arabie saoudite, on ne doit pas se bercer d’illusions: d’armes il sera avant tout question.

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