LA VALORISATION DE L’APPRENTISSAGE EN BONNE VOIE

Le vif mécontentement manifesté par Hervé Morin, président de l’association des régions de France, concernant la politique gouvernementale sur l’apprentissage aurait-il porté ses fruits ?
On serait tenté de le penser à la lecture du rapport de synthèse qui a été remis mardi, à l’issue de la concertation conduite par Sylvie Brunet, présidente de la section Travail et emploi du Conseil économique, social et environnemental qui a présidé les débats.
En attendant de savoir ce que le projet de loi qui sera présenté au parlement au printemps prochain retiendra, les signaux semblent néanmoins s’être mis au vert à la veille d’une période de transition.
Parmi les 44 propositions figurant dans le rapport, certaines retiennent plus particulièrement l’attention, toutes étant guidées par une volonté de simplification et d’efficience.
Pour n’en citer que quelques-unes : convergence entre contrat d’apprentissage et de professionnalisation; sensibilisation des collégiens aux métiers; création d’une agence de l’apprentissage; rémunération des apprentis; reconnaissance des diplômes; formation des enseignants et chefs d’entreprise; certification des acquis des apprentis; définition de référentiels d’activités professionnelles plus proches des évolutions et des besoins des entreprises, aide unique aux entreprises… figurent au programme d’une réforme attendue.
Considéré à juste titre comme un véritable tremplin permettant l’acquisition de savoirs et savoir-faire débouchant sur des qualifications reconnues dans de nombreuses spécialités et secteurs d’activités, l’apprentissage représente l’une des meilleures portes d’accès à un vrai métier, autrement  dit à l’emploi pour de nombreux jeunes peu attirés par les études supérieures. Alors que la chronique audio venait d’être enregistrée et mise en ligne, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a annoncé mercredi sur Europe 1 que le gouvernement avait retenu quatre premières propositions* du rapport issu des concertations sur l‘apprentissage, qui fait l‘objet d‘une profonde réforme avec celles de la formation professionnelle et l‘assurance chômage.

Premières propositions retenues :

La première concerne l‘obligation de rendre publique une série d‘indicateurs sur l‘insertion professionnelle, la rémunération moyenne à l‘embauche à l‘issue du diplôme, la qualité et les performances des centres de formation d‘apprentis (CFA).

La deuxième est de pouvoir commencer un contrat d‘apprentissage tout au long de l‘année. “Aujourd‘hui, un jeune ou une entreprise qui rompt le contrat de travail (…), on leur dit qu‘il faut attendre septembre prochain”, ajoute-t-elle. “Il y a des jeunes qui ont 16 ans, 18 ans, 20 ans, qui perdent une année. C‘est beaucoup, une année à 16 ans”.

La ministre du travail soutient l‘idée de valoriser davantage les maîtres d‘apprentis et de leur garantir une formation. Le rapport va cependant plus loin en recommandant de leur verser une indemnisation minimale.

Elle souhaite enfin fluidifier le financement. “On va garantir que pour tout jeune et toute entreprises qui veut signer un contrat d‘apprentissage, le financement existe.”

La ministre se dit confiante quant à la possibilité de trouver une solution sur la question de la gouvernance, objet d‘un bras de fer entre le patronat et les régions.
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