LA TELEMEDECINE N’EST PAS UNE MEDECINE « FAST FOOD »

Auteur d’un rapport sur la télémédecine, Jacques Lucas, cardiologue, vice-président du Conseil national de l’Ordre des Médecins chargé des Systèmes d’Information Santé (SIS) est un médecin particulièrement branché nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Lors de l’entretien qu’il nous a accordé, il a tout d’abord tenu à préciser ce qu’il faut entendre par télémédecine, les interprétations les plus extravagantes de ce nouvel outil au service de la médecine ayant été relayées par certains médias.

D’ailleurs, le décret sur la télémédecine publié au JO du 19 octobre dernier, précise le cadre juridique dans lequel devra s’inscrire cet outil qui intéresse aussi bien la médecine de ville que celle exercée en milieu rural.

Toutefois, la télémédecine ne donnera pas à un patient la possibilité de consulter qui il veut, où il veut, contrairement aux craintes exprimées par certains médecins de voir se développer une médecine « fast food » passant par des prescriptions fournies par des professionnels de santé implantés à l’autre bout du monde.

Car en réalité comme le souligne Jacques Lucas : » la télémédecine ne pourra se développer que dans un cadre national défini par un programme arrêté par le ministre de la Santé, du handicap des personnes handicapées et de l’assurance maladie ou encore au niveau des régions dans le cadre d’un contrat qui sera passé entre les médecins, les autres professionnels de santé et l’Agence Régionale de Santé (ARS) afin de garantir la qualité et la sécurité des soins et la qualité des exercices professionnels pour les médecins ». La télémédecine doit en fait permettre de renforcer la médecine de proximité à laquelle les français se déclarent très attachés. Elle doit également donner davantage de moyens d’informations et d’échanges aux praticiens. Car dans cette affaire, généralistes et spécialistes doivent apprendre à mieux travailler ensemble.

Internet est donc bien l’un des nouveaux piliers de l’exercice libéral qui doit permettre de lutter efficacement contre la désertification médicale. Et comme l’affirme Jacques Lucas :  » On ne reviendra pas en arrière en mettant un médecin dans chaque village. » Reste que la jeune génération est déjà au contact des nouvelles technologies de l’information et de la communication, même si il faut encourager une formation plus en phase avec cette forme de progrès dans le cursus des études de médecine.

Interrogé au sujet de l’action menée par le Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Val-de-Marne et l’association des SAMI qui misent depuis déjà plusieurs années sur l’utilisation d’Intranet et la formation des étudiants de la faculté de Créteil au sein des permanences de soins, Jacques Lucas est formel:  » Si tous les départements adoptaient la même initiative que celle qui a été prise par le Val-de-Marne pour les SAMI , ce serait merveilleux et ça résoudrait un certain nombre de problèmes ».

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