LE POINT MARQUE EN VUE DE LA FORMATION D’UNE TROISIEME GRANDE COALITION EN ALLEMAGNE RESTE A TRANSFORMER

Le protocole d’accord qui a reçu dans la nuit de vendredi l’assentiment du CDU-CSU d’Angela Merkel et du Bavarois Horst Seehofer et celui du SPD de Martin Schulz, ne marque pas la fin de la partie engagée sur le terrain politique en Allemagne. Il faudra notamment attendre la décision que prendront les délégués du SPD qui se réuniront le 21 janvier en congrès à Bonn. Il s’agit d’un temps fort pour ce pays en bonne santé, puisque l’objectif consiste à transformer l’essai marqué le 12 janvier qui conduirait à la formation d’une troisième grande coalition amenée à diriger la politique allemande.
La satisfaction exprimée par Angela Merkel, chancelière allemande mais aussi par Emmanuel Macron, président de la République française qui n’a jamais caché son ambition de relancer les institutions européennes, et de donner une nouvelle dynamique à l’Europe dont il avait fait l’un de ses thèmes de campagne, s’expliquent à la lecture du compromis. Sur ce point, Martin Schulz, qui fût notamment élu en 2012 président du Parlement européen, puis réélu en 2014 avant de quitter cette fonction en 2017, a sans nul doute été porteur d’un joker, compte tenu de la volonté qu’il partage avec Angela Merkel de relancer l’Union européenne. Le compromis d’une vingtaine de pages qui a été signé met effectivement en exergue une participation active au débat sur le renforcement de l’intégration au sein de l’UE. Un signal qui ne peut que rassurer les partenaires européens qui commençaient à s’inquiéter du mutisme dont faisait preuve l’Allemagne à ce sujet. Mais  tout n’est pas  réglé pour autant.
Il s’agit donc désormais de parvenir à remonter le terrain pour marquer le but, en contrant les tiraillements constatés au sein même du SPD, l’aile gauche et les Jusos, les jeunes du parti se montrant particulièrement critiques et souhaitant demeurer dans l’opposition. La négociation d’un contrat de coalition qui ne fait que commencer s’avère donc aussi déterminante qu’incertaine. Or l’importance de ce qui se joue n’échappe à aucun observateur. C’est en effet cette coalition qui devra permettre la mise en oeuvre du programme du gouvernement pour les quatre années à venir. Le match qui va se dérouler au cours des prochaines semaines s’annonce donc crucial s’agissant de la constitution de l’équipe gouvernementale qui conduira la politique de l’Allemagne. D’autant que les démocrates libéraux du FDP dirigés par Christian Wolfgang Lindler et les écologistes d’Alliance 90 / Les Verts représentés par Simone Peter co-présidente fédérale, aux côtés de Cem Özdemir, auront aussi voix au chapitre.
On saura bientôt si une équipe « Jamaïque » soudée est appelée à défendre les couleurs de l’Allemagne au sein d’une Europe qui a besoin e trouver un nouveau souffle.


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