TRUMP TIRE FISCALEMENT PLUS VITE QUE MACRON


Dans le combat de haute lutte mené par de nombreux pays pour réduire la fiscalité des entreprises, mais aussi celle qui pèse sur les ménages, Donald Trump a tiré plus vite qu’Emmanuel Macron en déclenchant la plus grande révision du code fiscal des États-Unis depuis 30 ans.
Après accord de la Chambre des représentants et du Sénat américain sur le projet de loi de finances, il a atteint ses cibles.
Comme à son habitude, conscient de l’importance et de la portée de l’événement, Trump à immédiatement tweeté pour annoncer une conférence de presse.
Il est vrai qu’il s’agit en l’occurrence d’une première grande victoire législative pour le 45e président des Etats-Unis.
Tout d’abord, parce que les républicains ont, en quelques semaines, écrasé l’opposition des démocrates en proposant de réduire les impôts des sociétés et des riches, tout en offrant un allégement fiscal mixte et temporaire aux Américains de la classe moyenne.

Ensuite, face à une législation tentaculaire financée par la dette, le taux d’imposition des sociétés américaines sera ainsi ramené de 35% à 21%, avec une nouvelle déduction de 20% sur le revenu des entreprises, en modifiant le mode de taxation qui a été appliqué aux multinationales. pendant des années.

De quoi retenir au pays les entreprises américaines qui envisageaient de se délocaliser à l’étranger.

Les démocrates se montrent critiques à l’égard de cette nouvelle loi de finances. Ils estiment qu’il s’agit d’un cadeau fait aux riches et aux entreprises qui ne fera que creuser l’écart entre riches et pauvres. De plus, ils soulignent qu’elle alourdira de 1,5 milliard de dollars au cours de la prochaine décennie la dette nationale de l’ordre de 19.800 milliards de dollars, même si Trump avait promis en 2016 de l’éliminer.

En admettant que les obstacles procéduraux soient levés, le projet de loi, une fois finalisé, devrait entrer en vigueur au début de 2018.

Cependant, la plupart des ménages ne verront pas le plein effet du plan fiscal sur leur revenu avant leurs déclarations d’impôts de 2018, autrement dit début 2019.

Car, dans la foulée, des millions d’Américains devraient bénéficier d’allégements fiscaux visant à faciliter l’accession à la propriété et encourager les dons de bienfaisance. Les déclarations fiscales seront plus simples et allégées. Le nombre actuel de tranches d’imposition sera maintenu, mais de nombreux taux seront ajustés en fonction des niveaux de revenus. Le taux d’imposition le plus élevé qui touche les hauts salaires se trouvera réduit. Moins d’Américains seront redevables de l’impôt sur les successions.

Tout devrait aller très vite, dés promulgation de la nouvelle loi de finances d’ici la fin de l’année par Donald Trump.

Le président de la Chambre, Paul Ryan, a d’ailleurs vanté les mérites du projet de loi lors d’interviews à la télévision mercredi matin, affirmant que le soutien ainsi apporté aux forces vives de l’économie américaine irait croissant et que les ménages américains se sentiraient soulagés.

Un coup dur pour la France qui avait annoncé en septembre, que le taux d’impôt sur les sociétés serait abaissé à 25 % en 2022, conformément aux engagements d’Emmanuel Macron durant sa campagne.
Mais chez nous, on laisse du temps au temps, même si l’étape prévue pour 2018, avec une baisse de taux à 28 % pour toutes les entreprises dont les bénéfices sont inférieurs à 500.000 euros, est maintenue.

Ensuite, la baisse du taux d’imposition sera graduelle. Quelle que soit la taille de l’entreprise, il passera à 31 % en 2019 (avec maintien du taux à 28 % sur les bénéfices inférieurs à 500.000 euros), 28 % en 2020, 26,5 % en 2021 et 25 % en 2022. Des allègements qui pèseront 11 milliards pour les finances publiques.

Voilà comment Donald Trump s’est transformé en Lucky Luke de la fiscalité. Une arme à plusieurs coups qui a pour objectifs de renforcer l’attrait de l’Amérique et la compétitivité des entreprises américaines.

Chez nous, on doit néanmoins se réjouir d’apprendre que The Economist a consacré mercredi la France « pays de l’année 2017 » pour avoir fait le choix de l’ouverture en élisant Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Nous n’avons visiblement pas dit notre dernier mot, ni utilisé toutes nos cartouches.
En même temps, force est de constater que la France joue bien dans la cour des grands.
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