POURQUOI LES SANCTIONS CONTRE LA COREE DU NORD N’Y CHANGERONT RIEN

Tant qu’on ne voudra pas comprendre que la Corée du Nord est un état tampon qui a valeur de préservatif et permet de protéger deux grands pays ( Chine -Russie) contre tout risque de contamination américano-sud-coréenne, on n’avancera pas.
Les sanctions prises par la Communauté internationale contre la Corée du Nord, n’ont pour seuls effets que de renforcer la notoriété de Kim-Jong-un auprès de son peuple soumis, en lui donnant la possibilité de l’épater à coups de lancements de missiles balistiques. Quant au Japon, qui a une frontière maritime avec ce pays, il a pour des raisons tant historiques, politiques que géographiques de légitimes raisons de s’inquiéter de tirs qui le menacent au premier chef.
Mais force est de constater aujourd’hui que sur la scène internationale, Kim-Jong-Un est parvenu à se hisser à la Une des magazines afin de démontrer qu’il existe qu’il n’est pas « impuissant ». Il fait tout pour le démontrer, y compris en se présentant comme le papa d’un petit garçon qui suivra ses pas, assurant ainsi comme ce fût déjà le cas pour lui la succession.
Au milieu de tout cela, la détention et les essais d’armes nucléaires par un petit pays de 120.540 km2 marqué par son régime totalitaire qui compte quelque 25 millions d’habitants, dont quasiment 10 millions de militaires, a de quoi inquiéter. C’est d’ailleurs sans doute parce que ce pays d’Asie de l’Est se sait de plus en plus isolé que l’objectif consiste avant tout à apporter la démonstration d’une capacité à tenir tête aux grandes puissances et plus particulièrement les Etats-Unis.
En dépit des critiques adressées à la Corée du Nord par la Chine et la Russie qui ont des frontières communes avec ce pays, l’idée consistant à renforcer les sanctions est loin d’être unanimement partagée par ces derniers. Pékin ne souhaite pas se priver de ce voisin parapluie qui est également pourvoyeur de ressources indispensables. Et la dernière déclaration de Vladimir Poutine qui met en garde contre une « catastrophe planétaire » en cas de durcissement des provocations d’une côté comme de l’autre, sans parler des risques de dérapage, apparaît explicite.
Alors comment sortir du jeu dangereux auquel se livre Kim-Jong-Un en personne ?
En réalité, peu de solutions existent, en dehors du dialogue et de la diplomatie.
Car la disparition du dictateur ne changerait très vraisemblablement rien au problème.
Seul l’engagement pris par Donald Trump durant sa campagne d’inviter Kim-Jong-un à partager un hamburger aurait pu permettre, au départ, de donner lieu à un échange et donc de détendre l’atmosphère. Mais aujourd’hui, l’opération casse-croûte apparaît pour le moins illusoire, pour cause de tweets bellicistes envoyés canon.
Cette acte pour aussi symbolique qu’il soit, n’aurait pas mis fin comme par miracle au processus de nucléarisation engagé par la Corée du Nord, mais il aurait du moins pu permettre de négocier, de faire tomber une tension qui génère désormais un climat délétère dont les conséquences pourraient être désastreuses au niveau mondial.
La chronique proposée sur la webradio webtv indépendante AWI le 14 août dernier qui faisait référence à la fable du hérisson et du tigre, visait à illustrer le potentiel heureux dénouement de cette préoccupante crise. Elle soulignait toute l’importance de parvenir dans les meilleurs délais à une solution pacifique.
Seules la prise de conscience des enjeux et l’intelligence d’hommes et femmes d’influence pourront éteindre tout risque de conflit armé dans cette région du monde. Sans parler de la menace sur la paix et l’équilibre à l’échelle planétaire que ferait peser tout recours à l’arme nucléaire A ou H.
Avec un arrêt des provocations militaires et un retour à la raison moyennant quelques compensations, la Corée du Nord et notamment la capitale Pyongyang ( voir photo), déjà ouvertes aux touristes étrangers avec visites guidées, pourraient alors connaître un boom touristique dont Kim-Jong-Un pourrait se vanter d’être le grand initiateur. Les sanctions seraient levées, les relations commerciales seraient renouées et améliorées. Les Nords-coréens, y compris dans le zones les plus reculées frappées de pauvreté, auraient tout à y gagner. Ce serait cela une vraie et belle victoire pour la Corée du Nord ! Idéaliste, vous avez dit idéaliste ?

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