L’e-SANTE N’EN EST QU’A SES DEBUTS

Lorsqu’on s’intéresse au secteur santé et qu’on examine les progrès enregistrés ces dernières années notamment grâce à l’apport des technologies high-tech, on mesure à quel point l’e-santé a le vent en poupe. On ne peut que s’en réjouir. On a même envie de croire au miracle.
Si on ne peut nier les indéniables bénéfices déjà apportés tant aux professionnels de santé qu’aux patients par ce biais, force est néanmoins de constater que tout n’est pas soigné à la même enseigne. Alors que certains domaines d’application revêtent un réel intérêt et remportent un compréhensible succès, il est en revanche des spécialités qui enregistrent des avancées beaucoup plus modestes voire peinent à se frayer un chemin vers le futur.
Qu’il s’agisse de l’amélioration du parcours de soin des patients, comme d’échanges entre professionnels de santé, la Tribune de l’économie livrait d’ailleurs, dans son édition du 31 juillet 2017, la liste de dix startups françaises qui pourraient favoriser le développement de l’e-santé et in fine l’efficience du système de santé.
A l’examen des innovations dont il est question, on constate que finalement smartphones et algorithmes s’érigent en acteurs majeurs au royaume de l’e-santé.
Qu’il s’agisse d’échanges de données médicales, d’évaluations  ciblés et personnalisés, de mesures de facteurs de risques santé, d’assistance médicale de premier recours, voire de solutions visant à remédier aux troubles du sommeil… toutes ces découvertes sont pour partie déjà distribuées ou en instance de l’être.
Bien entendu, nombre d’entre elles sont souvent le résultat de recherches menées par des médecins mais pas uniquement. Des pousses de génies sortis de grandes écoles sont également de la partie. Et c’est d’ailleurs ce qu’il est entre autres intéressant d’observer. D’autant que certaines applications sont d’ores et déjà récompensées de Trophées, pendant que d’autres bénéficient d’accords de partenariat destinés à permettre leur commercialisation et diffusion à grande échelle.
Toujours est-il que parmi les innovations présentées par des startups françaises aucune ne franchit le seuil de l’invasif. En dehors des procédés visant à faciliter les relations entre médecins ou entre médecins et patients, nous sommes bien en présence d’applications qui ont pour objectif l’observation de syndromes sans qu’on puisse pour autant parler de véritable diagnostic stricto sensu.
Un domaine où il existe déjà pléthore de solutions via smartphones, qu’il s’agisse de mesure du rythme cardiaque, de l’équilibre alimentaire, du nombre de calories dépensées lors d’exercices physiques, des pas effectués quotidiennement pour maintenir l’indispensable équilibre. Autrement dit, la médecine virtuelle a ses limites que la vraie médecine ne connaît pas.
C’est ce qui permet de se rendre compte que beaucoup reste à faire. Que le nombre de startups et d’idées lumineuses ne peuvent à eux seuls guérir de tous les maux.
En réalité la fixation des chercheurs sur le smartphone et autres tablettes comme outils potentiellement incontournables pour assurer l’e-santé risque fort de contrarier nos objectifs. Car le smartphone et la micro informatique tels que nous les connaissons aujourd’hui ne sont en réalité que des technologies transitoires.
Il en est de ces dernières comme de celles qui ont bouleversé en d’autres temps d’autres univers. De quoi envisager que le smartphone soit relégué au rang du disque laser qu’on imaginait au XXe siècle représenter le nec plus ultra avant qu’il ne soit remplacé par des technologies plus performantes. Il faut se rendre à l’évidence, au rythme où vont les choses, l’innovation reste éphémère puisqu’elle a pour principe de toujours chercher à se dépasser.

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