EMMANUEL MACRON FACE AU CHAUD ET FROID DES RELATIONS INTERNATIONALES

De poignée de main en poignée en main, il importe de trouver le bon rythme. Car après le chaud et le froid soufflés par Donald Trump, Président des Etats-Unis, lors du sommet du G7 à Taormin en Sicile, la première rencontre qu’a eu Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine le 29 mai, à Versailles, se devait d’envoyer une image rassurante. Alors que le communiqué final du G7 a dû prendre acte des profondes divergences entre les Etats-Unis et ses six partenaires concernant notamment les engagements découlant de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur le climat, le communiqué relatif à cette tout autre rencontre ne devrait pas révéler un radical changement de cap compte tenu des désaccords qui alimentent depuis plusieurs années les relations entre la France et la Russie. Néanmoins cette première rencontre à Versailles, dans le cadre de l’exposition « Pierre le Grand, un Tsar en France. 1717 » qui marque le 300e anniversaire de la création de l’ambassade de la Russie à Paris par ce tsar qui avait voulu ouvrir son pays à l’Europe, visait à donner un nouvelle respiration au dialogue entre les deux pays après cinq ans de crispations diplomatiques autour des dossiers syrien et ukrainien, notamment.
Les commentaires apportés de part et d’autre démontrent d’ailleurs en quoi il s’agissait bien là d’un temps fort, certains déclarant : « C’est le moment où la relation se construit ». A propos de cette première rencontre des deux chefs d’Etat, Manuel Lafont Rapnouil, directeur de l’European Council on Foreign Relations (ECFR) à Paris précisait d’ailleurs : »A Versailles, leur objectif est avant tout d’apprendre à se connaître, d’établir une relation personnelle ». Et d’ajouter : » Il ne devrait donc pas y avoir, sauf surprise, de percée dans les dossiers en cours. »
A Moscou comme à Paris, le mot d’ordre pour cette rencontre de quelques heures, présentée comme une « visite de travail » par l’Elysée et comme un « échange d’opinions » par le Kremlin, est le même : la franchise. Il est vrai que nous sommes bien côté français en pleine période d’échauffement en matière de relations internationales. Selon Youri Ouchakov, conseiller de Vladimir Poutine : « C’est l’occasion de parler franchement et d’avoir une meilleure idée l’un de l’autre », avant de préciser qu’il s’agit avant tout « de faire connaissance ».
Autrement dit, qu’il soit question de la décision que doit prendre cette semaine Donald Trump au sujet de la participation ou non des Etats-Unis à l’accord sur le climat signé à Paris en 2015, comme des épineuses questions que soulève la politique menée par Vladimir Poutine dans de nombreux domaines, le nouveau et jeune président de la République française se retrouve face à deux leaders mondiaux porteurs de dossiers brûlants. Il sera donc amené à démontrer ses capacités de dialogue et son pouvoir de conviction sur des sujets dont la valeur et la portée dépassent largement le seul cadre hexagonal. Contrairement à ce que Sacha Guitry avait mis en évidence dans le film dont il était à la fois auteur et acteur  » Si Versailles m’était conté » Emmanuel Macron, devra prouver que la disgrâce n’est plus d’actualité et que seuls de bons échanges permettent d’éviter que ne tombe le couperet. Emmanuel Macron qui n’en est qu’au début de son premier long métrage international de 5 ans devra savoir déterminer qui du docteur Jekyll et de M. Hyde, seront appelés à s’incarner chez ses interlocuteurs. La nouvelle politique de la France devra faire en sorte d’éviter les tergiversations qui polluent nombre de dossiers politiques importants et nuisent à la mise en marche de progrès à l’échelle nationale et internationale.

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