LE PROJET « GRAND PARIS » EST IL EN PHASE AVEC LES REALITES DE DEMAIN ?

Le projet de création d’une nouvelle entité territoriale englobant la capitale de la France et quelques communes de la région Ile de France ne souffre t’il pas avant tout, de son nom de baptème : « Métropole Grand Paris »
Adoptée en fin de XXe siècle, par un noyau de groupies, cette dénomination témoigne de la volonté de mettre à profit l’image de marque de la cité mère « Paris » qui a toujours su faire rêver de par le monde. En raison de son pouvoir d’attractivité avéré depuis des lustres, Paris indémodable, symbolise richesse culturelle, historique, patrimoniale, mais aussi charme, diversité, cosmopolitisme, et aux yeux des étrangers qualité de vie urbaine. Toutefois, dans aucun pays proche comme éloigné, les capitales qui ont été amenées à s’étendre notablement à l’instar de Berlin, Londres, Madrid, Beijing, Dubaï, New York… n’ont eu à recourir à des adjectifs pour faire valoir leur seule étendue. L’ajout de l’adjectif « grand » devant le nom de la capitale est donc une idée bien française. L’expression « Grand Paris « rend elle pour autant plus sexy la future métropole qui semble vouloir embrasser des zones périphériques ? Donne t’elle réellement une image futuriste ?
Réduit en superficie pour des raisons essentiellement financières, seules 131 communes sur les 1.200 que compte la région francilienne, seront en effet parties prenantes dans ce nouveau concept spatial à naître. Cette dimension restreinte ne limite t’elle pas les ambitions qui avaient nourri la réflexion de départ, certains ayant été jusqu’à envisager que le « Grand Paris » s’étende jusqu’au Havre, autrement dit s’offre une façade maritime ?
A l’heure où l’Europe objet de critiques pèse – post Brexit – ce que pèse un continent qui rassemble 27 pays et ses 445 millions d’habitants, l’expression « Métropole Grand Paris » n’a t’elle pas un côté étriqué, même si le projet doit au fil du temps s’étendre toujours plus ?
En ce début de XXIe siècle porté par la révolution 4.0 qui va entraîner entre autres de profonds bouleversements en matière d’urbanisme, de transports, de communications, de conditions de vie et de travail, n’aurait il pas été judicieux de se donner le temps de la réflexion pour adopter le nom et la représentation graphique de ce nouvel espace phare ? Ne pouvait on éviter un bricolage qui rend ce projet peu compréhensible au-delà du cercle parisianniste et va jusqu’à provoquer l’irritation de certains comme la présidente de la région Ile de France ? Sans doute aurait il été judicieux de faire appel à des spécialistes qui sachent signifier de façon originale et percutante l’essence de ce nouvel espace qui à l’instar de toute métropole a pour racine la ville ou la région géographique d’un pays à la tête d’une aire urbaine importante, qui par sa grande population, ses activités économiques et culturelles, peut exercer des fonctions organisationnelles sur l’ensemble de l’Europe. Il fallait lancer un concours d’idées ! Oser innover à l’instar de smart city qui préfigurent dans de nombreux pays développés comme émergents réellement l’avenir ! Lors d’une audition au Sénat Jean-François Carenco, préfet de Paris et d’Île-de-France, a pourtant livré sa vision encourageante du « Grand Paris », selon lui, propre à « créer de la richesse, de la connaissance, du lien social et de l’émotion culturelle ».
Il apparaît néanmoins assez évident que ni le nom ni le périmètre ne sont en l’état actuel à la hauteur des enjeux. La métropolisation de la capitale stricto sensu n’est en effet que la première pierre d’un gigantesque chantier. Il conviendrait donc de corriger rapidement le tir, en s’inspirant du modèle des smart city et surtout en donnant une véritable dimension européenne à ce projet d’extension « made in France ».
Pour que prenne forme un grand pari en termes d’aménagements résolument tourné vers le futur et destiné à faire face aux réalités de demain.
En raison de l’actualité post Brexit et de l’inauguration jeudi 3 novembre d’un guichet unique « Choose Paris région » la chronique audio sera consultable à partir du lundi 7 novembre.

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