Les Français, réputés râleurs, restent finalement aujourd’hui majoritairement satisfaits, voire très accrochés à leur modèle de protection sociale. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne le critiquent pas sur certains points, et qu’ils ne manifestent pas de fortes attentes en termes d’améliorations de l’accès aux services de santé. Une préoccupation qui peut d’ailleurs peser lourd dans leur décision, à l’heure du choix des programmes des candidats à l’élection présidentielle.
Les Français sont conscients des problèmes posés par la démographie médicale en médecine de ville, spécialistes mais aussi généralistes médecins traitants, comme en milieu hospitalier.

Par rapport aux citoyens de la plupart des autres pays* couverts par l’étude réalisée par Deloitte Center for Health Solutions et Deloitte France, les Français semblent ressentir plus durement les conséquences des difficultés économiques récentes sur le budget qu’ils consacrent à leur santé ( 25% les jugeant très significatives et significatives, contre 14% en Allemagne et 15% en Angleterre)
La moitié des ménages français disent avoir vu leurs dépenses de santé augmenter en 2011 par rapport à 2010, et 4 sur 10 estiment que cette augmentation a été supérieure à 10%.
En moyenne, un ménage sur quatre seulement pense être prêt à assumer les frais de santé à venir. Ils ne sont plus que un sur cinq parmi ceux dont les revenus sont les plus modestes. De plus, il est important d’observer que cette préoccupation est forte, même chez ceux qui disposent d’une bonne assurance maladie.
Reste que pour 73% des Français, le système de santé français est plus performant que celui de la plupart des autres pays. 51% des Français ont une appréciation plutôt bonne de la performance de leur système de santé. La France se situe ainsi en quatrième position derrière le Luxembourg ( 69%) la Belgique ( 57%) la Suisse ( 52%°%), le score n’atteignant que de 39% en Allemagne.
En matière de compréhension du système de santé, les appréciation varient notamment en fonction du sexe et du niveau de couverture d’assurance santé .
Le système de santé français offre encore aujourd’hui une couverture universelle. Tous les résidents sont automatiquement pris en charge par une assurance qui dépend de leur situation professionnelle ou de leur qualité d’ ayant droit. Le fonds principal ( CNAMTS) couvre 80% de la population. Il existe également d’autres fonds pour les travailleurs indépendants ( RSI) , les travailleurs du secteur agricole ( MSA). Les trois fonds sont regroupés au sein de l’Union nationale des Caisses d’assurance maladie (UNCAM). Cet organisme est financé par les cotisations salariales ( contributions des employeurs et employés) ainsi que par une contribution sociale généralisée (CSG) prélevée sur tous les revenus, notamment les revenus des placements. Les barèmes de remboursements sont pour leur part uniformes.
75% des dépenses totales en matière de santé sont prises en charge par le régime général d’assurance maladie. 90% de la population bénéficie d’une assurance complémentaire. La France dépense 11% de son produit intérieur brut (PIB) en service de santé.
Jean-François Poletti, , associé conseil secteur assurance, en charge de l’activité auprès des acteurs de protection sociale qui a participé à l’enquête « Les Français et la santé » publiée mi janvier 2012, a accepté de répondre à nos questions.
* Allemagne,Belgique,Brésil,Canada,Chine,Etats-Unis,Luxembourg,Mexique,Portugal,Royaume-Uni,Suisse
