Lorsque nous avons rencontré le Professeur Jean-Luc Dubois-Randé, chef du service de Cardiologie au CHU Henri-Mondor, récemment élu Doyen de la Faculté de Médecine de Créteil, le professeur Laurent Lantiéri venait, avec son équipe, de procéder la veille, avec succès, à la première greffe totale de visage sur un homme de 28 ans.Nous ne pouvions donc manquer de démarrer l’interview sans lui demander si cette prouesse chirurgicale, la 3e en France et la 5e au monde, confirmait le Val-de-Marne comme département porteur de solides ressources humaines en milieu hospitalier.
D’après lui, les hôpitaux sont aujourd’hui confrontés à des réformes extrêmement lourdes qui obligent à repenser le système hospitalo-universitaire qui est ancien et soumis à une âpre concurrence.
D’où la nécessité d’engager avec l’ensemble des acteurs santé un profond travail de restructuration. Car, si l’univers hospitalier peut sembler très éloigné de la médecine libérale, ceux qui en sont les acteurs ont néanmoins parfaitement conscience de la problématique qui touche la médecine libérale, la médecine de ville.
Mais selon lui, la médecine libérale ne sera plus jamais comme avant. Et en tant que Directeur de l’UIFM de Créteil, il estime qu’une réflexion de fond doit être engagée avec l’ensemble des professionnels de santé pour repenser le système.
Le Doyen félicite tous ceux qui ont contribué à la mise en place de services médicaux de proximité que représentent notamment les SAMI implantés dans le Val-de-Marne : « Aujourd’hui, il faut être inventif. » Et si l’initiative prise par le Conseil départemental de l’Ordre des Médecins du Val-de-Marne pour assurer la formation des étudiants en 3eme cycle de formation en médecine générale au sein des Services d’Aide Médicale Initiale mérite d’être saluée, le Doyen souligne le contexte d’urgence qui prévaut en matière de formation. A ce titre, sur la base des réflexions déjà menées dans ce domaine, des décisions importantes devront être prises avec le concours de tous les Doyens pour penser la Faculté comme un élément allant vers l’extérieur.
Accueillir très largement les médecins libéraux pour intégrer leur formation et leur évaluation ; réfléchir aux questions de santé publique : « La Faculté peut apporter une aide avec les moyens dont elle dispose. »
Quant à la notion de compagnonnage, elle est selon Jean-Luc Dubois-Randé largement souhaitée. Elle doit donc être renforcée par des mesures concrètes. Les liens inter-professionnels qui ont été tissés jusqu’ici doivent permettre d’amplifier la démarche touchant la formation des plus jeunes étudiants à la médecine générale. Il faut également faire en sorte que les maîtres de stages soient plus nombreux.
Le Doyen approuve pleinement l’idée consistant à créer des passerelles entre le Conseil de l’Ordre, les médecins libéraux, le monde hospitalier, l’Université et la Recherche pour repenser les relations entre le monde libéral et salarial, qu’il s’agisse de généralistes comme de spécialistes.
Dés le 11 septembre 2010, à l’occasion du Congrès de la médecine générale, Jean-Luc Dubois-Randé compte bien annoncer différentes mesures concernant aussi bien la médecine libérale que la médecine hospitalière. Des mesures qui devraient marquer un réel décloisonnement et ouvrir de nouvelles perspectives.

