GRECE EUROPE LA PARTIE DE BRAS DE FER SE POURSUIT EN ATTENDANT LE DENOUEMENT IMMINENT


En titrant la chronique audio proposée le 9 juin « Grèce : « Ca passe ou ça casse ! » la webradio AWI mesurait la difficulté de parvenir à un accord au vu de la détermination affichée de part et d’autre. Il n’est donc guère surprenant que la réunion de l’Eurogroupe, la troisième depuis le début de la semaine, se soit achevée jeudi sur un nouveau constat d’échec. Les discussions sur les propositions soumises par Athènes et celles des « institutions » créancières (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) n’ont en effet pas permis d’élaborer un document de compromis. Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront donc de nouveau samedi, trois jours seulement avant une échéance clé qui pourrait placer Athènes en défaut.
Sans accord permettant de débloquer les 7,2 milliards d’euros d’aide qui restent à verser à la Grèce, cette dernière en sera pas en mesure de rembourser l’échéance du 30 juin au FMI, d’un montant de 1,6 milliard.
Un tel défaut contraindrait les autorités à adopter des mesures de contrôle des capitaux et ouvrirait la voie à une possible sortie forcée de la Grèce de la zone euro.
Des diplomates expliquent que la tactique adoptée par les créanciers traduit leur exaspération face au refus du Premier ministre grec de tout compromis sur les dossiers clés que sont les retraites, la réforme du marché du travail, les salaires et la fiscalité, ce que Syriza appelle ses « lignes rouges ».
Des responsables grecs proches des négociations ont expliqué qu’Athènes avait déjà fait des concessions sur ces lignes rouges en proposant de relever certains impôts et taxes et d’augmenter les contributions sociales des retraités.
A leurs yeux, les créanciers ont prouvé qu’ils n’avaient pas la volonté d’aboutir à un accord en modifiant de manière abrupte les estimations du produit de chacune des mesures proposées, ce qui a compliqué l’élaboration d’une proposition acceptable.
En Grèce, les responsables politiques continuent d’afficher leur défiance vis-à-vis des bailleurs de fonds.
Face à l’incertitude persistante, les principales Bourses européennes qui avaient enregistré de fortes progressions lundi et mardi demeurent depuis orientées à la baisse, le marché faisant preuve d’une grande volatilité et l’euro restant stable face au dollar. Car quoi qu’il en soit, même en cas d’accord de dernière minute, la partie de bras de fer entre la Grèce et l’Europe ne s’arrêtera pas là. Au stade où en sont les discussions, il paraît inutile d’ajouter le moindre commentaire à la veille de la deadline. Nous sommes  toujours dans le registre de la tragédie grecque du  » Ca passe ou ça casse ! ». La semaine prochaine s’annonce chaude pour ne pas dire caniculaire. Pour preuve, en annonçant la fermeture des banques jusqu’au 7 juillet et l’organisation d’un référendum le 5 juillet, la réaction des places boursières aux décisions prises par Alexis Tsipras ne se sont pas faites attendre, le CAC 40 perdant plus de 4% à l’ouverture lundi 29 juin. La monnaie unique européenne se trouve également lourdement sanctionnée. Le 30 juin, la partie qui se joue entre Alexis Tsipras et de nombreux acteurs européens sous les yeux du monde entier est marquée de coups de théâtre dans le style « l’offre de la dernière minute » dont les places financières ont bien du mal à apprécier la signification et la portée. Car qui dit organisation d’un référendum le 5 juillet, dit aussi volonté de connaître l’opinion du peule grec sur la conduite à tenir. Autrement dit, le Premier ministre grec peut-il se passer de cette épreuve digne de jeux du cirque qui met tous les dirigeants européens dans l’arène pour qu’une décision soit prise par les premiers intéressés appelés à se prononcer en faveur d’un « oui » ou d’un « non »?. En annonçant mardi après-midi que l’Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro se réunirait dans la soirée par téléconférence pour discuter d’une demande de dernière minute de la Grèce portant sur une extension de son programme de sauvetage, le suspense est à son comble, le CAC 40 ayant encore perdu 1,63 % en clôture. Minuit à sonné dans la nuit du 30 juin sans que la Grèce ne rembourse les 1,6 milliard d’euros dus au FMI. La pays est donc depuis officiellement en défaut de paiement et ne peut plus prétendre aux crédits du programme d’assistance financière qui a également expiré.

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