LA CASSE DU VASE DE BRUXELLES REMAKE DU VASE DE SOISSON ?

Les frondeurs de l’Europe se font de plus en plus entendre. A tel point qu’on finit par se demander si Jean-Claude Juncker,président de la Commission européenne, ne prend pas le risque de devenir le Clovis de ce début de XXIe siècle ?
Certes, il est encore trop tôt pour savoir ce que l’Histoire retiendra comme l’un des faits marquants de ce début de siècle sur le plan géopolitique et économique.
Mais au-delà des conflits armés préoccupants qui ont lieu dans certaines régions du monde, les évènements qui se produisent actuellement sur le Vieux continent pourraient bien nous renvoyer à un épisode de l’Histoire des Francs qui remonte à la deuxième moitié du VIe siècle.
L’anecdote rapportée par Grégoire de Tours au livre II, chapitre 27 de l’Histoire des Francs n’est en effet pas sans récurrence avec la situation qui prévaut actuellement en Europe.
Même si comparaison n’est pas raison, ce n’est plus à Soisson mais à Bruxelles que pourrait se jouer la scène centrale. Rassemblées autour du « butin européen » les pays membres sont en effet confrontés à des divergences notables quant à la conduite à tenir pour relever les défis actuels. Certes, lorsque Le roi incarné en l’occurrence par Jean-Claude Juncker demande aux « très valeureux guerriers européens de poursuivre les réformes et leur lutte pour le désendettement », la plupart, hommes de bon sens (illi quorum erat mens sanior) lui répondent : « Tout ce que nous voyons ici est à toi, glorieux roi, et nous sommes nous-mêmes soumis à ton autorité (nos ipsi tuo sumus dominio subjugati). Et d’ajouter : « Agis maintenant comme il te plaira, personne ne peut te résister. » Mais, tout le monde ayant parlé, un soldat — homme léger, envieux et impulsif (levis, invidus ac facilis) — à la stupéfaction générale, vient de frapper le vase de Bruxelles en s’écriant : « Tu ne recevras que ce que le sort t’attribuera vraiment ! ». En d’autres termes : « Nous ne paierons et ne ferons ce qu’il te plaira que lorsque nous en aurons les moyens !»
Nous nous retrouvons ainsi au cœur d’une nouvelle version du vase de Soisson. Rempli de 28 pays membres, le vase de Bruxelles pourrait en effet sortir de l’épreuve de force, brisé ou du moins très cabossé. Car la politique voulue par le Clovis de l’Europe, Juncker 1er, qui demande à de nombreux pays d’entrer dans le moule pour préserver l’unité et la puissance européenne se heurte depuis peu à l’attitude d’un guerrier Grec nommé Tsipras qui fait figure de dirigeant soldat insolent en repoussant le remboursement des sommes que doit son pays aux calendes. De plus, la victoire du Podemos en Espagne qui s’inscrit dans la même stratégie politique commence à inquiéter sérieusement Bruxelles.
Et comme jamais deux sans trois, le premier ministre britannique qui semble douter de l’efficience de l’Union européenne entreprend une tournée des capitales européennes, en passant par Paris et Berlin, pour vendre son projet de référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE.
Il n’est donc pas étonnant que les places boursières qui toussent au moindre courant d’air se baladent dans le rouge en cette période troublée, même si d’autres incertitudes planent actuellement au-dessus de l’avenir de bien d’autres pays et régions du monde. Une histoire pour le moment sans légende !

Une réflexion au sujet de « LA CASSE DU VASE DE BRUXELLES REMAKE DU VASE DE SOISSON ? »

  1. Très beau sujet mais M. Juncker n’avait-il pas déjà un peu fêlé le vase en permettant à des multinationales de détourner de l’impôt chez lui au Luxembourg. A savoir maintenant ce qu’il aura obtenu comme compensation pour son pays puisque les impôts de ces sociétés vont être de façon plus raisonnable versés dans le pays où elles exerces leurs activités ( mais elle vont continur de faire de l’optimisation fiscale) mais ça c’est la règle du jeu dans chaque pays on ne pourra pas le reprocher à nos voisins)

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