GALION ET ILLUSION D’OPTIQUE

Photo :AWI/PG


Nous aurions tant aimé vous convaincre que la fidèle réplique du galion espagnol amarré dans le port de Honfleur lors de l’une de ses escales, se trouvait, contre toute attente, doté d’une gigantesque roue à aubes. Mais cette image sans aucun trucage, n’est en réalité qu’une illusion d’optique, due à la proximité de la grande roue, une attraction type fête foraine qui apparaît en arrière plan. Jusqu’où va l’imagination via une perception visuelle ! Il n’est cependant pas inutile de rappeler qu’une grande roue figure dans les journaux de voyages de Peter Mundy, un navigateur et voyageur britannique du XVIIe siècle, originaire de Penryn en Cornouailles. On retiendra également au passage que la roue à aubes fût l’une des premières formes de propulsion mécanique pour bateau. En Chine, vers le Xe siècle, la dynastie Song était d’ailleurs parvenue à assurer sa suprématie navale grâce à la rapidité de ses bateaux à roue à aubes. Un mode de propulsion qui allait laisser place aux hélices, même si par le passé, certains bateaux combinèrent bel et bien voiles et roues à aubes. L’occasion pour AWI de présenter ses excuses à celles et ceux qui attendaient de pied ferme l’interview de Majo Fernández Blasco, la capitaine d’El Galeon Andalucia, que nous n’avons, à notre grand regret, pas eu la possibilité de rencontrer pour cause d’itinérance. Une caractéristique propre à tout navigateur qui semble ainsi pouvoir apparaître ou disparaître en se servant de l’horizon comme d’un rideau d’une scène de théâtre. D’où la nécessité d’en appeler au capitaine Haddock pour illustrer une déception partagée : « Tonnerre de Brest ! Mille milliards de mille sabords ! ». Le premier qui parle de sabordage se verra infliger la peine des galères. Lire la suite