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Comme chacun le sait, la presbytie
est un trouble de la vision bénin qui peut
apparaître de façon brutale ou progressive
chez tout individu. Elle rend difficile la focalisation
de la vision pour lire ou effectuer un travail
de près. Elle fait partie de ces phénomènes
qui altèrent la netteté des images
perçues en dépit de leur proximité.
Ce n'est pas une maladie mais un processus de
vieillissement normal de l'œil dont le cristallin,
lentille biconvexe, se sclérose en se durcissant.
Et le moins qu’on puisse dire,
c’est que si cette défaillance constitue
un handicap relativement mineur chez le quidam
qui peut toujours recourir à des solutions
techniques éprouvées pour corriger
sa vue, cette dernière devient très
vite beaucoup plus préoccupante lorsqu’elle
atteint la vision politique, provoquant du même
coup une mauvaise perception des réalités
économiques et sociales.
Car le problème prend alors
une toute autre dimension.
D’autant que la presbytie s’accompagne
souvent de myopie qui empêche cette fois
de discerner avec netteté les perspectives
de développement, autrement dit l’horizon.
Or le politique doit avant tout être visionnaire.
En vertu des pouvoirs qui lui sont
conférés, il doit en effet savoir
prendre - au vu de ce qui est - les bonnes décisions
au bon moment ; fixer avec ses ministres les grandes
orientations de son mandat ; hiérarchiser
et dessiner des projets qui donnent au peuple
qui l’a démocratiquement élu
espoir dans le présent et dans l’avenir
de la société.
Or, depuis quelques temps, on sent
comme un flottement au niveau du champ de vision
politique.
Les grandes idées présentées
au départ se perdent dans le flou qu’il
s’agisse de celles consistant à:
rendre chaque Français propriétaire
de son logement ; travailler plus pour gagner
plus ; relocaliser les unités de production
sur le territoire national; revenir au plein emploi;
booster recherches et innovation...
Nos politiques seraient ils frappés
de presbytie et de myopie pour qu’ils ne
distinguent plus ce qui devrait apparaître
assez clairement sous leur nez comme des priorités
de ce qui appartient à un avenir plus lointain?
Faut-il qu’on les équipe
de double foyers pour qu’ils se penchent
sur ce qui apparaît en première lecture
indispensable, plutôt que de porter des
regards fuyants sur des perspectives beaucoup
plus éloignées du quotidien ?
La chronique audio invite à
y voir plus clair.
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